On n’est pas sérieux…

Hace un par de días, bebiendo café con un amigo, charlaba  con él sobre muchas cosas. Entre otras, sobre lo efímero que es el amor eterno (“una vez leí que dura tres meses”, decía yo, “dos semanas”, opinaba él). Reflexionamos sobre el cinismo, el placer, la confianza y los poemas cargados de profundos significados que uno escribe cuando se está enamorado: significados universales que se guardan en un cajón con llave y no se vuelven a mirar.
Lo único que yo atinaba a pensar mientras callábamos y mirábamos al techo sosteniendo nuestras tazas de café cada vez más frío, era en que
el corazón está hecho para romperse
una vez y otra vez 
y mil más
Y en que
pero durará lo necesario
y que por eso el mío es navegante y feliz  (casi podría atreverme a decir que compacto). Pero él traía una ligera tristeza entre los ojos, por comprender que la dosis de profunda felicidad siempre terminaría por convertirse en holograma que desaparece.
Así que me hizo pensar en este (divertido) poema del precoz y siempre espeso (pero esta vez no tanto) Rimbaud:

Roman

I

On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.
– Un beau soir, foin des bocks et de la limonade,
Des cafés tapageurs aux lustres éclatants !
– On va sous les tilleuls verts de la promenade.

Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin !
L’air est parfois si doux, qu’on ferme la paupière ;
Le vent chargé de bruits – la ville n’est pas loin –
A des parfums de vigne et des parfums de bière…

II

– Voilà qu’on aperçoit un tout petit chiffon
D’azur sombre, encadré d’une petite branche,
Piqué d’une mauvaise étoile, qui se fond
Avec de doux frissons, petite et toute blanche…

Nuit de juin ! Dix-sept ans ! – On se laisse griser.
La sève est du champagne et vous monte à la tête…
On divague ; on se sent aux lèvres un baiser
Qui palpite là, comme une petite bête…

III

Le coeur fou robinsonne à travers les romans,
– Lorsque, dans la clarté d’un pâle réverbère,
Passe une demoiselle aux petits airs charmants,
Sous l’ombre du faux col effrayant de son père…

Et, comme elle vous trouve immensément naïf,
Tout en faisant trotter ses petites bottines,
Elle se tourne, alerte et d’un mouvement vif…
– Sur vos lèvres alors meurent les cavatines…

IV

Vous êtes amoureux. Loué jusqu’au mois d’août.
Vous êtes amoureux. – Vos sonnets La font rire.
Tous vos amis s’en vont, vous êtes mauvais goût.
– Puis l’adorée, un soir, a daigné vous écrire !…

– Ce soir-là…, – vous rentrez aux cafés éclatants,
Vous demandez des bocks ou de la limonade…
– On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans
Et qu’on a des tilleuls verts sur la promenade.


 La cual me parece una manera muy bonita de expresar el mismo punto: On n’est pas sérieux, quand on est amoreux.

[* Dejo por aquí una buena traducción al inglés y otra, decente, en  español.]
Anuncios